
Dans les années 50, Maserati était l'égal des plus grands, dont Ferrari. Mais
à l'approche des années 70 la marque n'eut pas la protection d'un grand constructeur
comme Fiat. Car le bref passage chez Citroën ne sera pas
une grande réussite…
Aussi, à la fin des années 70 on pense à faire table rase du passé et on fait
le pari de construire une berline 4 places à hautes performances, la Biturbo.
C'est de notoriété publique, la voiture eut peu de succès et ceux qui ont sauté
le pas s'en souviennent encore. Sans parler de l'intérieur indigne d'une telle
marque, on ne peut oublier le comportement et la fiabilité de la voiture, et
les différentes retouches apportées au modèle n'arrangeront jamais vraiment
les choses… De reprise en main en bonne intention, la marque va survivre plus
ou moins. Au début des années 90, on va progressivement voir
arriver de bonnes voitures, comme la Shamal puis la Quattroporte. Et puis la
destinée de la marque fut confiée à Ferrari.
Première étape, assainir la gamme. La Quattroporte reçoit une Evoluzione et
la Ghibli, ultime descendante des Biturbo, disparaît. Le trou laissé dans
la gamme par ce modèle ne va pas rester vide longtemps puisque un coupé 2+2,
made by Ferrari, arrive. La nouvelle 3200 GT (le matricule fait référence à la cylindrée
mais surtout à la 3500 GT, première Maserati produite en série) se distingue
nettement des modèles précédents dessinés par Marcello Gandini. Ici, c'est Giugiaro
qui nous a concocté une ligne reprenant quelque peu les recettes utilisées par
sa concurrente Jaguar XKR, mais avec plus de succès. La ligne devait tout d'abord
donner une impression de qualité (lignes épaisses et arrière massif) tout en
suggérant la puissance (long capot plongeant). Ici, quelques petits détails
soulignent cette magnifique carrosserie, comme les minces feux arrières en boomerang
ou les prises d'air sur le capot. Du grand art !
Mécaniquement, on reste en terrain connu. Le V8 est en effet issu de la Quattroporte
qui le tirait elle-même de la Shamal. Maserati ne s'en vante pas vu la réputation
que la marque traine. Fort heureusement, le moteur a reçu moult améliorations
depuis sa sortie, et il est meilleur que jamais. Les deux turbocompresseurs
sont toujours présents, mais ils ont été retravaillés pour offrir encore plus
de puissance à bas régime. Dans cette optique, l'accélérateur est passé au drive
by ware (potentiomètre et non plus cable), ce qui lui permet d'adopter au passage
un antipatinage, chose utile dans une GT suralimentée,
surtout lorsqu'elle est signée Maserati. Ceux qui ont vu une Biturbo sur
revêtement gras comprendront. Bref, si la puissance a bien progressé avec désormais
370 chevaux (pas mal pour un 3.2 litres…) le couple a lui fait un véritable
bond, proposant une réserve de 50.0 mkg ! Le bruit est indescriptible, mêlant le grondement du V8 aux sifflements des turbos... il aurait
fallu l'enregistrer !
Côté châssis, on constate tout de suite l'arrivée des ingénieurs Ferrari aux
commandes. Malgré l'ASR, un différentiel autobloquant asymétrique a été maintenu, alors que Porsche a cru bon de ne plus en proposer. Si le
train avant s'est inspiré des précédentes Biturbo, un tout nouveau train arrière
a été conçu. Il est censé avoir calmé les ardeurs de l'arrière
de la voiture. Néanmoins, nous vous déconseillons de couper
l'antipatinage, car le moteur est explosif et a vite fait de faire patiner les
roues arrières, même à 50 km/h. Au final, la voiture propose
un rare agrément de conduite.
Tout n'est pas rose : la transmission
manuelle présente parfois quelques à-coups, et la fiabilité reste encore
inégale. La version suivante, sans turbo, progresse
sur ce point, mais a perdu une partie du charme de la 3200... Celle-ci fera
craquer n'importe lequel qui l'essaiera, et propose un compromis plus sportif
que les 911 Carrera et XKR, ses deux seules concurrentes…
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