
Sur les automobiles, certaines choses n'évoluent pas ou
peu, tandis que d'autres vont d'innovations en innovations. Dans cette catégorie,
le diesel est en bonne place. La plupart des constructeurs sont venus tard au
diesel, mais les différentes législations le mettant
en valeur,
tout constructeur se doit d'avoir dans sa gamme une bonne motorisation diesel.
Et
parmi les constructeurs les plus actifs on trouve le groupe Volkswagen, le
premier à avoir monté un diesel véritablement plaisant
dans une petite voiture, à avoir monté un turbo-diesel dans une
voiture compacte, à avoir démocratisé l'injection directe,
mis au point les injecteurs-pompe, etc
Ces injecteurs-pompe permettent à un simple et compact 1.9 turbo-diesel
de développer une puissance de 130 chevaux, un chiffre inimaginable il y a quelques années. Et quelle tentation de rentrer un tel moteur dans une petite
voiture ! Le groupe Volkswagen ne résistera pas longtemps et le placera
sous le capot de sa compacte au caractère le plus affirmé : l'Ibiza.
L'Ibiza est une voiture qui a toujours été jolie, dessinée
avec goût par des italiens mais qui n'avait pas toujours eu châssis
et le moteur qui vont avec. Avec la génération 2002, table rase
de tout cela. La plate-forme est l'A0 reprise de la Skoda Fabia et de la Polo, mais adaptée au caractère plus sportif de l'Ibiza. Associé
à une ligne dessinée par l'auteur de l'Alfa 147 et motorisée
par le TDI qui a participé au succès de la Golf IV, cette Ibiza
aurait-elle toutes les qualités ? Mettons-nous au volant et vérifions.
Pour commencer, on se sent bien installé. Comme souvent chez VAG, les
multiples réglages aident à trouver une bonne position, et les
sièges sport, aux tissus agréables, sont accueillants. Les plastiques
du tableau de bord semblent plus flatteurs que ceux que la SDI que nous avions
essayé, mais il faudrait avoir les deux à côté pour
comparer. Notre version d'essai dispose de deux informations spécifiques
aux premiers exemplaires de TDI 130 : température d'huile et voltmètre. Ces cadrans ne
sont maintenant plus disponibles, rationalisation oblige.
Contact. Effectivement on a bien affaire à un TDI. Ca
claque pas mal, moins cependant que dans d'autres véhicules du groupe
VAG. On prend la route, le moteur ronronne et commence déjà à
se faire oublier. Par contre, il y a autre chose qui ne se fait pas du tout
oublier : la suspension. Elle est vraiment très ferme, et pas vraiment
confortable. Il faut dire que nous disposons de la finition Sport,
c'est la seule disponible avec le moteur TDI 130. Elle a entretemps été remplacée par la finition FR. Nous avions trouvé
l'Ibiza SDI un peu ferme, mais ce n'est rien à côté de la TDI
130. La direction est légère est agréable, tout comme la
commande de boite, qui est un vrai régal. Les commandes tombent bien
en main, et tout ceci nous donne envie de hausser le ton : on est dans la version
Sport, oui ou non ?
Et là, à seulement 1300 tr/min en 3°, on appuie sur la pédale
de droite. Ca prend un peu de vitesse, ça arrive vers les 1600 tr/min,
et pfuuuuit, gaaaaazzzzzzzzzzzz. Terrible, ça vient d'un coup, c'est
assez marrant. Pour calmer le jeu, on passe en 4° mais ça pousse
en fait presque autant. Terrible, nous voilà en train de passer les rapports
avant les 3000 tr/min et pourtant ça marche drôlement bien. Seule
la 6° parvient à calmer le jeu et encore, une autre voiture en 6°
vitesse reprendrait sans doute moins bien que ça. C'est simple, la voiture
marche vraiment fort tandis que le moteur tourne lentement et ne donne jamais
l'impression de forcer. On se marre bien, vive le diesel.
Mais la route commence à se déformer et à tourner. Et
là c'est la surprise. D'abord la suspension, tout à l'heure
ferme, se montre maintenant géniale, amortissant comme il faut les irrégularités.
Il faut savoir que notre vitesse sur cette petite route n'est pas celle qui
devrait être la notre et de loin. Mais le châssis encaisse facilement.
Pour être bien en TDI 130, roulez vite ! Le premier virage nous saute
au visage. On tourne le volant et ça passe tout seul. C'est d'autant plus
agréable que les diesels ont la fâcheuse habitude de sous-virer en raison de leur poids sur les roues avant.
Rien de tout ça ici. Ca se confirme plus loin, on saute de virage en
virage, ça ne sous-vire jamais, c'est neutre et le train arrière
n'hésite pas à aider à la manuvre. On se croirait au volant d'une 206 S16, ce qui n'est pas rien. Attention, là
aussi, l'arrière peut parfois se montrer joueur. Mais un petit coup de
volant bien placé remet tout en place. Dans le pire, l'ESP veille. Mais
le châssis est tel que nous ne le déclancherons jamais au cours
de cet essai au rythme
rapide.
Nous voici maintenant sur autoroute. La suspension y est là aussi trop
ferme mais en revanche le moteur tourne très doucement. Consommation
dérisoire. On profite de l'accalmie pour détailler un peu l'équipement
de la voiture. On regrette que la climatisation automatique ne soit qu'une
option et que des éléments comme le détecteur de pluie
ou les phares automatiques soient indisponibles. L'essai est fini. Il va falloir
ramener la voiture. Mais avant, on va sortir de l'autoroute et revenir par les
petites routes, histoire de profiter une dernière fois de ce diesel pas
comme les autres.
Finalement, il ne faut pas voir la Seat Ibiza TDI 130 comme un
diesel mais comme une GTI un peu particulière, avec les
avantages et les défauts qui vont avec : performances et confort relatif.
Si vous ne cherchez pas expressément à vous amuser en voiture,
passez votre chemin. Dans le cas contraire, l'essayer est sans doute l'adopter
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